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Arts & Sociétés - Lettre du séminaire n°58 - Frédérique Goerig-Hergott


Frédérique Goerig-Hergott est conservatrice des collections d’art moderne et contemporain du musée Unterlinden à Colmar. Ses recherches et publications portent sur les œuvres réalisées par Otto Dix lors de son incarcération à Colmar et sur la résonance du Retable d’Issenheim sur l’œuvre du peintre allemand et celle des artistes modernes et contemporains. Elle a notamment assuré le commissariat des expositions La peinture en mouvement-Les œuvres du musée Unterlinden sous le regard de Robert Cahen (2013), Décor-Adel Abdessemed (2012), Karl-Jean Longuet et Simone Boisecq - De la sculpture à la cité rêvée (2012) et Sous les Tilleuls les modernes, de Monet à Soulages, (2011). Pour l’ouverture de la nouvelle aile du musée Unterlinden, elle prépare l’exposition 1914-2014 - Un siècle de Visages.

Arts & Sociétés - Lettre du séminaire n°58 - Frédérique Goerig-Hergott

Références

Frédérique Goerig-Hergott, "Otto Dix, peindre pour exorciser la guerre", Arts & Sociétés, Lettre du séminaire n° 58, juillet 2013.
http://www.artsetsocietes.org/f/f-index58.html



CONJURER LA GUERRE
         « Je n’ai pas peint des scènes de guerre pour empêcher la guerre; jamais je n’aurais eu cette prétention », dit Otto Dix à Otto Wundshammer, en 1946, « je les ai peintes pour conjurer la guerre. Tout art est conjuration.»
En évaluant son œuvre, plus de vingt ans après la Grande Guerre de 1914-1918, Dix souscrit à ce qu’avait annoncé Picasso de l’art au début du 20e siècle : à la fois son impuissance à changer le cours des choses et sa force de conjuration pour les artistes engagés dans l’inventaire du monde tel qu’il est.
En l’occurrence, sans avoir pu rendre compte des événements in vivo, le refus de ses contemporains d’y revenir après 1918 lui fait ouvrir un autre front et manier une autre violence. Il y dit le chaos qui se tait dans le sillage du retable d’Issenheim, de Grünewald, des maîtres rhénans, des Désastres de la guerre de Goya. Tous avaient le pouvoir d’imaginer le pire et d’autant plus pour Dix qui l’avait vu de ses propres yeux dans les tranchées.
Frédérique Goerig-Hergot, conservatrice au Musée d’Unterlinden, revient sur le cycle de celui qui s’aida de la tradition pour raconter une guerre de masse moderne avant de continuer à témoigner, jusqu’après la seconde guerre mondiale.

Laurence Bertrand Dorléac
 

Auteur(s)

Laurence Bertrand Dorléac

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