Skip to main content

L'activité scientifique

Séminaire de recherche / Les gauches alternatives en Europe : idées, cultures, évolutions


Le séminaire « Les gauches alternatives en Europe : idées, cultures, évolutions » se fixe pour objectif d'explorer plusieurs domaines de recherche encore largement négligés par l'historiographie, tant française qu'étrangère.

Par ce terme de « gauches alternatives », nous désignons l'ensemble des sensibilités politiques qui prônent une rupture avec le système capitaliste en procédant à la critique plus ou moins radicale de la gauche institutionnelle. Il ne recoupe pas, même s'il l'inclut, celui de New Left, utilisé à partir du début des années 1960 pour qualifier les formations explicitement politiques qui incubent le plus souvent en son sein, comme les SDS allemand et américain ou les multiples groupes d'extrême gauche, trotskystes ou maoïstes, à l'exemple de la LCR, de la Gauche prolétarienne ou de Lotta continua. Il l'inclut mais le dépasse en intégrant d'une part la filiation libertaire (anarchistes, autonomes), d'autre part les expérimentations politiques ultérieures. Celles qui, après le tournant de 68, soumettent à leur tour les critiques à la critique, en interrogeant leurs dogmes (féministes, mouvement LGBT, écologistes...). Celles qui, au tournant des années 1980, sur fond de crises internes des partis (on pense ici aux partis communistes en particulier) ou de déception à l'égard de la gauche au pouvoir, cherchent un nouvel espace d'expression politique dans des mouvements moins idéologiquement définis ou plus composites (par exemple l'AREV ou les listes citoyennes ou «Motivé.e.s»). Celles qui, depuis les années 1970, transgressent ouvertement les frontières habituellement dévolues au champ politique et du social pour « faire de la politique autrement » à l'instar du projet du PSU ; ainsi des tentations politiques qui agitent les mouvements sociaux comme la CFDT d'avant recentrage et aujourd'hui les SUD, ou encore les débats sur le « débouché politique » de l'altermondialisme, entre autres.

On l'aura compris : loin de nous limiter aux formes strictement politiques, nous entendons englober les multiples contestations, y compris les moins structurées et les plus labiles, qui ont pénétré des fractions du corps social lors des dernières décennies. La dénomination de « gauches alternatives » est peut-être trop large, mais c'est précisément l'enjeu du séminaire que de la tester, la soumettre à discussion par le croisement des temporalités et des regards disciplinaires (histoire, science politique, sociologie notamment), et dans une optique résolument comparative. Il se propose pour le moment de le faire en trois temps.

2012 : Les métamporphoses de la Révolution. Les nouveaux combats des gauches alternatives dans les années 1968. Comment le mouvement de contestation apparu autour de 1968 a affronté, dans les années 1970, les nouveaux défis, pour la plupart étrangers à son capital culturel initial, que sont par exemple l'écologie, l'autogestion, le féminisme, etc. ?

2013 : La confrontation aux expériences (réelles ou projetées) de la Révolution. Comment le mouvement de contestation, largement nourri de projections intellectuelles, théoriques et utopiques, s'est-il confronté aux manifestations du réel révolutionnaire ou nourri des combats des « peuples en lutte » ?

2014 : Références et filiations des gauches alternatives. Comment les imaginaires politiques et sociaux se constituent-ils en puisant, en sélectionnant et en malaxant les multiples ressources culturelles disponibles : les références historiques, idéologiques et étrangères, dans le référent de la Révolution, à ses marges, voire contre ?

Le séminaire « Les gauches alternatives en Europe : idées, cultures, évolutions » est soutenu par le Centre de recherches en Histoire culturelle (Cerhic) de Reims et par le Centre d'histoire de Sciences Po (CHSP) qui l'héberge, généralement le 3ème jeudi du mois, de 17h à 19h, au 1er étage du 56 rue Jacob, Paris 6ème. À l'exception de la première séance, introductive, il se propose de donner la parole à un « témoin », à un chercheur dit « confirmé » et à un « jeune » chercheur.

Philippe Buton, Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Reims
Sébastien Repaire, Agrégé d'histoire, doctorant en histoire contemporaine à l'IEP de Paris et ATER à l'Université de Reims
Isabelle Sommier, Professeure de sociologie politique à l'Université de Paris I

Programme 2013-2014

17/10/2013 - 17:00 Séminaires
Déborder le syndicalisme ou le réinventer ?
21/11/2013 - 17:00 Séminaires
L’extrême gauche face à la révolution algérienne
23/01/2014 - 17:00 Séminaires
Les radicaux américains face à la question raciale
20/02/2014 - 17:00 Séminaires
La guérilla par procuration. L’exemple palestinien
20/03/2014 - 17:00 Séminaires
De la classe ouvrière idéale à la classe ouvrière réelle. Le phénomène de l’établissement

Programme 2012-2013

Programme 2011-2012

22/03/2012 - 17:00 Séminaires
Gauchisme politique et gauchisme culturel Présentation générale du séminaire par les co-responsables.