Skip to main content

L'activité scientifique

Sorties de guerre aux XXe et XXIe siècles (projet de recherche)


Guillaume Piketty et Bruno Cabanes (Associate Professor, Yale University), animent depuis septembre 2004 un projet de recherches sur les «Sorties de guerre aux 20ème et 21ème siècles».
Ce projet a d’abord été organisé autour d’un séminaire de recherches, tenu au Centre d’histoire de Sciences Po et dont les principaux axes de travail ont été successivement :

- L’évolution de l’image de l’ennemi.
Les thèmes d’étude ont été :« Violences sexuelles et enfants de l’ennemi » ; « Réfugiés et populations déplacées » ; « L’ennemi intérieur et les épurations » ; « Les résistants, la souffrance et la mort ».
- Les retours de guerre.
Les thèmes d’étude ont été :« Le retour, en 1945-1946, des prisonniers de guerre soviétiques, des civils soviétiques déportés en Allemagne et des civils soviétiques évacués vers l’Est de l’URSS par les autorités soviétiques » ; « Le retour des soldats au XXème siècle » ; « Le retour des soldats d’Algérie » ; « Le retour des prisonniers de guerre français à la fin de la Deuxième Guerre mondiale » ; « L’Ordre de la Libération : de la gloire à l’oubli relatif » ; « Le retour des déportés ‘politiques’ français » ; « Les ‘personnes déplacées’ juives dans les camps de réfugiés d’Allemagne : un enjeu international de l’Après-Seconde Guerre mondiale ».
- Les démobilisations culturelles (selon le concept forgé par l’historien John Horne).
Les thèmes d’étude ont été : « Enfance et deuil en sortie de Première Guerre mondiale » ; « Le monde scientifique au lendemain de la Première Guerre mondiale » ; « Sportifs allemands, anglais, français et italiens en Première Guerre mondiale : mobilisation, combat et démobilisation culturelle » ; « Architecture et démobilisation culturelle : le cas de Paris au sortir de la Première Guerre mondiale » ; « Démobilisation culturelle en sortie de guerre civile : le cas espagnol » ; « Les jumelages franco-allemands au lendemain de la Seconde Guerre mondiale » ; « La NRF au sortir de la Première Guerre mondiale ».

Ce séminaire de recherche a débouché sur la publication d’un dossier spécial de la revue Histoire@Politique. Politique, Culture et Société publiée en ligne par le Centre d’histoire de Sciences Po Paris : Bruno Cabanes et Guillaume Piketty (dir.), dossier « Sorties de guerre au 20ème siècle », Histoire@Politique. Politique, Culture et Société, www.histoire-politique.fr, n°3, décembre 2007.
 

Par la suite, Guillaume Piketty et Bruno Cabanes ont progressivement infléchi leurs travaux vers la délicate question du « retour à l’intime » des acteurs des conflitsanciens combattants et anciens résistants, prisonniers de guerre, anciens déportés, populations déplacées, etc. – question qui, jusque-là, demeurait un point aveugle de l’historiographie. Pourtant, depuis plusieurs décennies, les historiens s’étaient exercés à étudier les formes diverses de « l’écriture de soi », à faire l’histoire des sensibilités, à dessiner les contours de l’espace privé et de l’espace public. Mais ces apports méthodologiques ne s’étaient pas traduits par une meilleure connaissance de la dimension intime du retour de guerre.

À vocation exploratoire, le colloque international « Le retour à l’intime au sortir de la guerre. De la Première Guerre mondiale à nos jours » (Sciences Po Paris, les 19et 20 juin 2008) visait à recenser les sources disponibles pour écrire une histoire du retour à l’intime en sortie de guerre et à mettre en évidence les problématiques communes aux conflits du vingtième siècle, dans une perspective d’histoire comparée. Ses travaux ont été organisés selon quatre thématiques :

- Expériences de guerre, écritures de soi et récits familiaux :

  • Manon Pignot (Université Paris X- Nanterre) : « 1914-1920 : L’invention des pères ».
  • Odile Roynette (Université de Besançon) : « La nostalgie du front ».
  • Ethan Rundell (University of California, Berkeley) : « Témoigner, se taire : La difficulté de parole des anciens combattants français de la Première Guerre mondiale ».
  • Raphaëlle Branche (Université Paris I – Panthéon-Sorbonne) : « Clémentines et bifteck ou le retour d’un appelé d’Algérie dans sa famille ».
     

- Espaces publics, espaces privés, espaces intimes en sortie de guerre :

  • Carine Trévisan (Université Paris VII) : « Étranger à son corps : comment habiter un corps mutilé par l’histoire ? ».
  • Anne Duménil (Munich) : « L’expérience des ruines : Munich, 1945-1948 ».
  • Daniel Cohen (Rice University, Houston) : « Un espace domestique d’après-guerre : le camp de ‘personnes déplacées’ dans l’Allemagne occupée ».
  • Beate Fieseler (Heinrich-Heine-Universität, Düsseldorf): « From ‘lost generation’ to beneficiaries of social policy? The war disabled in the Soviet Union, 1945–1964 ».
  • Guillaume Piketty (Sciences Po Paris) : « De la clandestinité au grand jour : l’identité résistante en question. »

- L’avenir de la violence :

  • Guillaume Cuchet (Université Lille III) : « La guerre et la naissance des prêtres-ouvriers. Le cas d'Henri Perrin (1914-1954) ».
  • Christian Goeschel (Birkbeck College, University of London): « Suicide at the End of the Third Reich ».
  • Frank Biess (University of California, San Diego / University of Gottingen): « Postwar Angst. The Fear of Retribution in Postwar Germany ».
  • Bruno Cabanes (Yale University) : « Le syndrome du survivant : histoire et usages d’une notion ».

- Reconstructions des rapports de genre et des identités sexuées :

  • Clémentine Vidal-Naquet (EHESS, Paris) : « Imaginer le retour. L’anticipation des retrouvailles chez les couples pendant la Grande Guerre ».
  • Dominique Fouchard (Université Paris X - Nanterre) : « L’empreinte de la Première Guerre mondiale dans les relations de couple : ce que disent les corps ».
  • Peggy Bette (Université Lyon II) : « Quand le poilu ne revient pas : Tutelles et remariages dans les familles endeuillées au sortir de la Première Guerre mondiale (1918-1924) ».
  • Mary Louise Roberts (University of Wisconsin) : « Le mythe du GI viril : genre et photojournalisme en France pendant la Seconde Guerre Mondiale »
  • Sarah Fishman (University of Houston): « Gender, Family Life and the Return of the French Prisoners of War in 1945: A Reconsideration »
  • Atina Grossmann (Cooper Union, New York): « Individual Reconstruction as Collective Project: Body, Family, Nation, and the Pursuit of ‘Normality’ Among Jewish Survivors in Postwar Occupied Germany ».

L’ouvrage collectif issu de ce colloque est paru en octobre 2009 : Bruno Cabanes et Guillaume Piketty (dir.), Retour à l’intime au sortir de la guerre, Paris, Tallandier, 2009, 316 p.

En liaison avec des psychiatres civils et militaires américains, et dans une perspective pluridisciplinaire, Guillaume Piketty et Bruno Cabanes mettent aujourd’hui l’accent sur l’étude de la psychiatrie de guerre en période de combat et au sortir des conflits.
Les traumatismes psychiques de guerre sont devenus un important enjeu contemporain, aux États-Unis, en France et en Europe notamment. L’évolution des types de combat, en ex-Yougoslavie, en Irak et en Afghanistan pour ne citer que des exemples récents, les nouvelles formes – parfois extrêmes – de la violence de guerre infligée ou subie induisent l’apparition de troubles nouveaux dont les ressorts et les effets sont encore largement inconnus et que l’histoire de la psychiatrie de guerre peut utilement contribuer à éclairer.
Les travaux de Guillaume Piketty et Bruno Cabanes s’inscrivent notamment dans le cadre du Research Seminar « Shell-Shock to PTSD : The History of Wartime Mental Illness and the Evolution of Combat Health Care Policy » créé à l’Université Yale par Bruno Cabanes et par Deane Aikins. Ce dernier est Assistant Professor au département de psychiatrie et responsable d’un programme destiné aux vétérans américains des guerres d’Irak et d’Afghanistan au sein du VA Hospital de West Haven, CT.
Le Research Seminar réunit des graduate students de Yale, des historiens, des psychiatres et des psychologues, ainsi que des vétérans. Il fait écho aux préoccupations manifestées par les forces armées américaines face aux conditions souvent dramatiques du retour au pays des anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan. Il envisage dans une perspective comparatiste les conséquences de l’exposition au stress provoqué par le combat et, le cas échéant, par la violence extrême, ainsi que les traitements et politiques mises en place au plan médical comme au plan psychiatrique. Il couvre l’ensemble du 20ème siècle et le début du 21ème, de la Première Guerre mondiale aux actuels combats en Irak et en Afghanistan, en passant par la Seconde Guerre mondiale, la guerre du Vietnam et la guerre du Golfe.

Les premières perspectives de travail sont :

  • L'histoire de la terminologie médicale (du shell shock au PTSD).
  • Le statut du combattant traumatisé au sein des forces armées, entre stigmatisation par la justice militaire et médicalisation.
  • La question du témoignage dans son rapport au traumatisme de guerre ; la visualisation des troubles psychiques (photographie, cinéma).
  • La question des pensions et la réparation économique aux victimes de troubles psychiques.
  • La validité du concept de « trauma » dans les cultures non-occidentales.
     

Programme 2007-2008

Programme 2001-2002

14/03/2002 - 09:00 Colloques
Des idées pour l'action Président de séance : Jean-François Sirinelli, Professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de...
15/03/2002 - 09:00 Colloques
Des idées pour l'action Président de séance : Jean-François Sirinelli, Professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de...
16/03/2002 - 09:00 Colloques
Des idées pour l'action Président de séance : Jean-François Sirinelli, Professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de...