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Lasteyrie, Charles de

Lasteyrie, Charles de

Fonds papier

Fils du comte Robert de Lasteyrie, membre de l’Institut, Charles de Lasteyrie est le 27 août 1877. Il fait ses études secondaires à l’école Bossuet avant de rejoindre le lycée Louis-le-Grand puis l’École des Chartes il entre au mois de novembre 1885. À sa sortie, il s’oriente vers l’Inspection des finances à laquelle il est reçu en 1902. Il en donne sa démission en 1909 et se tourne vers les milieux d'affaires et industriels. Il entre dans divers conseils d’administration d’établissements bancaires et industriels. En 1912, il part étudier à Alexandrie la situation de la Land Bank d’Égypte dont il relève les finances avant d’en être nommé président.

Lorsque la guerre éclate, Charles de Lasteyrie effectue son service militaire à l'état-major de la 12ème région du corps d’armée, comme sous-lieutenant d’infanterie des services spéciaux du territoire. Il s’occupe par la suite de diverses missions de renseignement et d’espionnage, qui l’amènent à circuler sur le territoire national et à l’étranger (en Angleterre notamment). En novembre 1915, il est nommé chef de cabinet de Denys Cochin, alors ministre d’État aux Affaires étrangères chargé du blocus dans le cabinet Briand (29 octobre 1915 – 12 décembre 1916). En mars 1917, il prend la direction des Affaires financières du blocus, et effectue à ce titre plusieurs missions financières importantes (en Suisse, en Espagne, dans les pays scandinaves), avec le titre de « délégué financier du gouvernement français ». Dès le lendemain de l’armistice, Charles de Lasteyrie est rappelé d’Espagne par le ministre des Finances et prend une part active aux renouvellements de l’armistice et à la préparation du Traité de Versailles.
En 1919 commence sa carrière politique. Élu député de la Corrèze sur la « liste républicaine de défense sociale », Charles de Lasteyrie se spécialise dans les affaires financières et est nommé rapporteur général du budget. Le 15 janvier 1922, Raymond Poincaré lui confie le portefeuille des Finances. Il partage avec lui la conviction que la clé des difficultés financières de la France se trouverait entre les mains de l’Allemagne. Il privilégie une politique d’emprunts et d’économies dans les services publics, plutôt que d’envisager une hausse des impôts. Cette doctrine est cependant mise à l’épreuve par la crise monétaire et financière qui menace le franc au cours de l’hiver 1923, en pleine crise de la Ruhr. En janvier 1924,  Lasteyrie se résout finalement à créer de nouveaux impôts (vote du « double décime ») et à promouvoir de nouvelles mesures d’économies. Lors des élections législatives de 1924 qui conduisent à la défaite du Bloc national, l’impopularité des réformes prise au cours de son mandat lui vaut de ne pas être réélu comme député de la Corrèze.

Il doit attendre le l4 mai 1928 pour que les électeurs de la deuxième circonscription du XVIe arrondissement de Paris, cette fois-ci, le rappellent à la vie parlementaire et lui témoignent de leur confiance à deux reprises en 1932 et 1936. Comme au cours de son précédent mandat, il se préoccupe particulièrement de questions économiques, financières et sociales telles que les assurances sociales, les emprunts russes ou l’école unique, et devient rapporteur du budget de l’Alsace-Lorraine. Il est également désigné président du Comité d’arbitrage pour Paris et la banlieue. Il meurt à Paris le 26 juin 1936.


Sources :

Sélections de liens

  > Paru en avril 2018