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Etudiants nationalistes (publications)

Etudiants nationalistes (publications)

Créée au printemps 1960 par un groupe d'étudiants et de lycéens parisiens puis de la France entière, souvent sympathisants ou adhérents du mouvement Jeune nation des frères Sidos, la F.E.N. (Fédération des Etudiants Nationalistes) fut portée sur les fonts baptismaux par le manifeste de la classe 60. Décidée à lutter contre " la marxisation de l'Union nationale des étudiants de France " et à soutenir l'action des partisans de " l'Algérie française ", elle a développé une presse étudiante essentiellement parisienne mais qui a rapidement étendu des pseudopodes jusqu'en province. Ses publications les mieux diffusées demeurent toutefois ses revues mensuelles, à l'instar des Cahiers universitaires fondés en 1961 et Europe-Action créé en 1963 et qui se doublera l'année suivante d'un hebdomadaire éponyme. Le tirage de ces journaux oscille, selon les estimations, entre 10 000 et 20 000 exemplaires selon les numéros.
Les principaux animateurs des Cahiers sont alors Georges Schmeltz, Jacques Vernin, François d'Orcival, Jacques Ploncard d'Assac, Pierre Marcenet, Fabrice Laroche (alias Alain de Benoist) et Jean Gauvin. Europe-Action, quant à elle, est fondée par Dominique Venner à sa sortie de prison et rédigée par Jean Mabire (rédacteur en chef) et Christian Poinsignon (directeur de la publication). Y collaborent également François d'Orcival, Fabrice Laroche, Pierre Marcenet et Guy Persac.
Europe-Action a suscité un véritable engouement dans les milieux étudiants nationalistes au point que se sont constitués peu après son lancement des comités de soutien d'Europe Action.
La F.E.N. et Europe-Action apportent d'emblée leur soutien à Jean-Louis Tixier-Vignancour lors de l'élection présidentielle de décembre 1965. Malgré le score relativement élevé de Tixier-Vignancour, ses comités ne survivent guère à l'élection présidentielle et se délitent les uns après les autres. Demeurées mieux organisées, la F.E.N. et surtout Europe-Action décident de fonder un nouveau parti en captant les restes des C.T.V. Ainsi le Mouvement nationaliste du Progrès voit-il le jour au début de 1966. Si la présidence est confiée à Aurélien Guineau et le secrétariat général à Roger Lemoine, le véritable animateur du nouveau parti est Dominique Venner que secondent Pierre Bousquet, Ferdinand Ferrand, Georges Schmeltz, François d'Orcival, Fabrice Laroche, Jean Mabire, Gérard Denestebe, le général Cariou ou Pierre Pauty.
Le M.N.P. continue de diffuser sa pensée à travers les numéros hebdomadaires ou mensuels d'Europe-Action et la revue mensuelle des Cahiers universitaires. La nostalgie de l'Algérie française, la défense de l'O.A.S. et des camarades emprisonnés ou l'attaque systématiquement portée contre le " régime gaulliste " tiennent désormais une place prépondérante dans la littérature estudiantine nationaliste.
Selon Venner, seul véritable maître à bord du M.N.P., l'engagement politique actif doit être la seule finalité d'un étudiant nationaliste. Aussi fort du souvenir comme de l'expérience de la campagne Tixier-Vignancour, il délègue à Ferdinand Ferrand le soin de créer une structure ad hoc dans la perspective des élections législatives de 1967. Ainsi, au printemps 1967, le Rassemblement européen de la Liberté verra-t-il le jour, malgré les nombreux obstacles qu'Occident mettra à sa création. L'objectif de Venner était de rendre acceptable le combat électoral comme arme politique aux militants nationalistes. Il lui fallait en outre réussir à présenter soixante-quinze candidats à travers la France pour pouvoir accéder aux médias radio et télédiffusés. Peine perdue car seuls vingt candidats R.E.L. partirant pour la bataille le 5 mars 1967.
Les résultats furent assez calamiteux et entraînèrent une vague de protestations contre la ligne Venner qui s'acheva au mois de juillet suivant par le retrait de ce dernier et l'implosion du R.E.L. en trois courants : le R.E.L. orthodoxe de Pauty et Bousquet qui allait donner naissance par la suite au groupe Militant, le R.E.L.-Gérard, du nom du responsable messin du M.N.P. qui fort de son succès rejoignit Paris mais s'illustra en mai 1968 par une évolution vers les milieux gauchistes, la F.E.N. de Paris et le service d'ordre du M.N.P. qui, après bien des tergiversations, rallièrent sans y adhérer formellement Occident en octobre 1967.
C'est donc la fin de l'expérience politique d'Europe-Action qui, après celle de Jeune Nation, constitua la deuxième véritable tentative de création d'un grand parti nationaliste.

Jérôme Cotillon

Contenu du fonds

EN 1 - FEDERATION DES ETUDIANTS NATIONALISTES (FEN)
 

EN 2 - EUROPE-ACTION, MOUVEMENT NATIONALISTE DU PROGRES (MNP), RASSEMBLEMENT EUROPEEN DE LA LIBERTE (REL).

 

EN 3 - EUROPE-ACTION, L'OBSERVATEUR EUROPÉEN