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L'agenda

15
Oct.
2012

Sport, cultures et sociétés - Histoire et mémoire du sport francais - Acteurs, observateurs, historiens - séance 1

Séminaires

Présentation


Histoire et mémoire du sport francais
Acteurs, observateurs, historiens

 

Pour sa neuvième année d’existence, le séminaire de recherche « Sport, cultures et sociétés » du Centre d’histoire de Sciences Po lance une nouvelle thématique à la rencontre de l’histoire et de la mémoire du sport.

L’ambition de ce nouveau séminaire est de provoquer des témoignages en faisant parler les acteurs majeurs du sport (ministres, dirigeants, champions), mais aussi de rendre collaborateurs de l’entreprise historienne les observateurs de la vie sportive (journalistes, archivistes, conservateurs des musées, collectionneurs). Les témoignages d’acteurs secondaires ou même anonymes, les mémoires collectives et partielles des différents groupes qui constituent la société sportive (ou s’en tiennent à l’écart) ne sont pas pour autant rejetés : ils et elles seront l’objet de séminaires ultérieurs.

Tout autant, sinon davantage, que leurs collègues des différents sous-champs de la discipline historique, les historiens du sport sont soumis à la concurrence d’autres ordres de vérité qui relèvent des usages publics (ou sociaux, c'est-à-dire non savants) de l’histoire (ou du passé), notamment ceux du champion (mémoires) et du journaliste sportif (annales, rétrospectives, légendes). Pour respectables et vivants qu’ils soient, ces discours à effet de réel ne sauraient réduire le discours historien à une vérité parmi d’autres comme le voudraient les adeptes du linguistic turn. La vérité de l’historien se construit sans naïveté, sous le regard des confrères et consœurs, au croisement de la prise en compte de la diversité des sources (y compris témoignages et mémoires), de l’administration de la preuve, de la maîtrise de la littérature savante, d’une capacité à conclure loin de ses propres présupposés.

Si le témoignage s’inscrit assurément dans des stratégies sociales ou personnelles conscientes ou inconscientes, s’il est une reconstruction du passé, l’historien ne saurait adopter pour autant une posture de surplomb méthodologique par rapport au témoin. Ici, il ne sera pas question d’opposer l’inquisiteur et le questionné, mais de créer une atmosphère propice à l’objectivation de l’empathie. Ainsi la mémoire du témoin doit-elle être traitée comme une source par l’historien. De même, les  imperfections et les défaillances d’un témoignage doivent constituer un objet d’histoire. En outre, que le témoignage soit contemporain de l’historien (et soit provoqué par lui), et non de l’événement (comme l’archive écrite ou l’entretien réalisé à chaud), implique de la part de l’enquêteur de « faire preuve de sens non seulement critique mais autocritique » (R. Frank), de « retenir son jugement jusqu’au terme de l’enquête et de ne pas oublier qu’il peut se tromper » (A. Prost). Pour Karl Popper, en effet, l’erreur ne serait pas le contraire de la vérité mais une de ses formes, ce qui oblige l’historien à « l’intention véritative » (E. Castelli Gattinara) ou à « la visée de vérité » (C. Ginzburg). Marc Bloch n’écrit-il pas qu’« à force de juger, on finit, presque fatalement, par perdre jusqu’au goût d’expliquer », et Lucien Febvre qu’« une histoire qui sert est une histoire serve » ?

Notre séminaire s’attachera donc à expliquer, sans les opposer, « le passé du présent » (opération historiographique) et « le présent du passé » (opération mémorielle). Et les témoignages recueillis auront vocation à se transformer en archives orales accessibles à la communauté des chercheurs.

Patrick Clastres et Paul Dietschy

Responsable(s)


Patrick Clastres et Paul Dietschy

Participant(s)


M. Jean Durry,
fondateur et ancien directeur du Musée du sport français

 

Discutants

M. Alain Lunzenfichter, rédacteur en chef adjoint du journal L’Equipe, vice-président de l’Association internationale des journalistes sportifs,

M. Fékrou Kidane, ancien directeur de cabinet de Juan Antonio Samaranch et ancien directeur en chef de la Revue olympique, ancien diplomate