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L'agenda

06
Mai.
2013

Sport, cultures et sociétés - Histoire et mémoire du sport francais - Acteurs, observateurs, historiens - séance 8

Séminaires

Présentation


Histoire et mémoire du sport francais - Acteurs, observateurs, historiens

Penser le sport

Responsable(s)


Patrick Clastres et Paul Dietschy

Participant(s)


Jean-Marie BROHM : un itinéraire intellectuel

Ancien élève de l’ENSEP et professeur de sociologie à l’Université Paul Valéry (Montpellier III), Jean-Marie Brohm est le « principal fondateur de la critique radicale du sport en France ». Dans la revue Partisans, il publie « Former des âmes en forgeant des corps » en 1964, puis « Sociologie politique du sport » en 1966. Bientôt, il lance « son missile théorique » sous la forme du dossier « Sport, culture et répression » (juillet-septembre 1968, n° 43, rééd. Petite collection Maspero, 1972 et 1976). Sur la deuxième moitié des années 1960 à l’ENSEP, on pourra lire avec profit Boris Fraenkel, Profession : révolutionnaire (éd. Le bord de l’eau, 2004, surtout les pages 90-127).
En 1976, dans la collection « Corps et Culture » dirigée par Michel Bernard (Editions universitaires), il publie sa thèse d’Etat ès-lettres et sciences humaines : Sociologie politique du sport (rééd. PU de Nancy, 1992, avec une préface de Roger Bambuck et un avant-propos de Louis-Vincent Thomas). Thèse qu’il soutiendra en Sorbonne, en janvier 1977, devant un jury composé de Pierre Ansart, François Châtelet, Pierre Fougeyrollas, Pierre Naville et Louis-Vincent Thomas. Il dirige alors la revue Quel corps ? (1975-1997), et contribue à la fondation des Nouvelles études anthropologiques.
Durant ces années de militantisme freudo-marxiste, Jean-Marie Brohm a également animé des campagnes de boycott contre le « spectacle moderne des jeux du cirque » et contre les dictatures (COBA 1978, COBOM 1980…). Au nombre de ses ouvrages, on signalera Le mythe olympique (éd. Christian Bourgois, 1981), Jeux olympiques à Berlin. 1936 (Bruxelles, éd. Complexe, 1983), et plus récemment Le football, une peste émotionnelle. La barbarie des stades (Gallimard, 2006, avec Marc Perelman), et Pierre de Coubertin, le seigneur des anneaux. Aux fondements de l’olympisme (éd. Homnisphères, 2008).
Depuis quelque temps, Jean-Marie Brohm a pris ses distances avec l’objet sportif, se consacrant notamment à la revue Prétentaine. Il conserve néanmoins une activité critique auprès de la revue Quel Sport ? Revue de la section française de la critique internationale du sport lancée en septembre 2007 à quelques mois des jeux de Pékin. Dans le n°20 (décembre 2012) « Résistance à l’impérialisme sportif. Contre la capitulation, la désertion, le défaitisme », il signe deux articles en forme de règlement de comptes : « La critique radicale du sport expliquée aux pseudos critiques ou à ceux qui n’ont jamais été critiques » et « Précisions sur la véritable histoire de la critique du sport. Autopsie du perelmanisme ».
Les thèses défendues par Jean-Marie Brohm, et ses multiples ouvrages, ne laissent personne indifférent que l’on soit adepte et contempteur du sport ou bien totalement indifférent. Elles méritent d’être connues et débattues. C’est donc bien à l’itinéraire d’un intellectuel, au sens d’ « un homme du culturel agissant dans le champ du politique » (Pascal Ory & Jean-François Sirinelli), que nous consacrerons notre prochain séminaire : formation intellectuelle et sportive, engagements politiques, compagnons de route et réseaux militants.

Patrick Clastres et Paul Dietschy

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