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L'agenda

12
Déc.
2011

Le « moment 1991 » : la fin de l’URSS au regard des transformations politiques, sociales et culturelles (1970 – 1991)

Colloques

Dates


12 Déc.   |   13 Déc.   |   14 Déc.

Présentation


Colloque organisé par

  • (Centre d'histoire de Sciences Po, CERI)
  • CRPM (EA n°4418), Université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC)
  • Centre d'Etudes des mondes russe, caucasien et centre-européen (EHESS/CNRS)
  • Fondation Maison des Sciences de l'Homme Université Libre de Bruxelles
    avec le soutien du Centre franco-russe de Moscou, du Musée de l'armée et du CNRS

 

INSCRIPTION OBLIGATOIRE

(voir en bas de page)

 
Vingt ans après  l’effondrement de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (1918-1991),  il semble pertinent de s’interroger sur  l’année 1991. La question de l’effondrement de l’Union soviétique a certes été étudiée dans une grande partie de ses composantes dès le début des années 1990Mais au cours des vingt dernières années, des travaux novateurs, en particulier en histoire sociale et en histoire culturelle, ont pu établir de nouveaux liens entre les processus politiques et sociaux des décennies qui ont précédé la perestroïka et l’effondrement du système soviétique.
 
Ce colloque porte sur le « moment 1991 » en ex-URSS, en articulant plusieurs échelles de temps et dans une approche d’histoire politique, sociale et culturelle.
 
  • Une première échelle de temps se situe sur le temps long et tente de remettre en perspective les bouleversements politiques de la fin des années 1980 à la lumière des transformations de la société soviétique depuis les années 1970.
  • La deuxième échelle de temps sera resserrée sur la perestroïka proprement dite et les « tentatives » de réformes introduites par M. Gorbatchev à partir de 1985. S’il y a eu échec des réformes du système par le haut, qu’en est-il des transferts culturels et de la circulation des idées entre l’Europe et l’ex-URSS ?
  • La troisième échelle de temps sera consacrée au « moment 1991 ». Nous postulons en effet qu’il y a eu un « moment 1991 » et nous tenterons de le mettre en évidence dans les interventions notamment au travers de témoignages et d’archives.
Loin d’être monolithique, la société soviétique des années 1970 est profondément stratifiée.  Les élites se transforment. Une nouvelle génération de cadres : directeurs d’entreprise, managers et technocrates, entrent en rivalité avec ceux du parti, les apparatchiki. Dans un contexte persistant de pénurie, tandis que la population aspire de plus en plus à consommer, la difficulté à obtenir des biens de consommation devenus rares provoque le développement du marché noir. Les tensions nationales s’exacerbent.
Les évolutions socioéconomiques tout comme les frustrations et aspirations d’une partie croissante de la société engendrent un désir de changement. Formés à l’ère brejnévienne, diplomates, cadres du commerce extérieur et du réseau bancaire à l’étranger constitueront l’élite politique et économique post-soviétique.
 
Notre propos sera d’étudier ici ces différentes logiques d’autonomisation tout comme les ferments de la crise sociale.
La période qui s’ouvre avec les premières réformes initiées par Gorbatchev dès 1985 peut être réinterrogée à l’aune des tendances précédentes. Ainsi, au lieu d’être présentées comme un moment fondateur, l’année 1985 et l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev comme premier secrétaire du PCUS sont analysées comme les conséquences de processus déjà à l’œuvre dans la société politique soviétique post-stalinienne. Assiste-t-on en ce sens à une « accélération » de processus déjà à l’œuvre auparavant ? Nous mettrons l’accent sur l’effervescence des mouvements politiques et d’organisations sociales qui se structurent à partir de mouvements informels, et interrogerons la dichotomie existant entre ces organisations sociales et les structures du parti.
Nous reviendrons aussi sur les transformations internes des institutions soviétiques et du Parti à partir de 1985. C’est, en effet, au sein même du Komsomol, qu’apparaîtront de nouveaux capitalistes. Nous analyserons la fabrication de l’opinion publique, notamment les premiers sondages réalisés pendant la perestroïka par des personnes de l’équipe de Iouri Levada. Enfin, un intérêt particulier sera accordé à la circulation des flux financiers, des idées, mais aussi des personnes de part et d’autre du rideau de fer et à l’impact de celle-ci sur l’effondrement de l’URSS.
 
Dans un troisième temps, nous étudierons les transferts culturels et la circulation des idées. En dépit du rideau de fer les transferts culturels se font des marges de l’Union soviétique vers le centre, en particulier à partir de la fin des années 1980 avec les déclarations d’indépendance unilatérales des Républiques et régions de l’Union soviétique (pays Baltes, Transcaucasie).
Nous prendrons des objets d’histoire tels que les droits de l’homme, le genre, les révoltes de groupes sociaux tels que les mineurs et tenterons de voir l’impact sur la construction identitaire.
 
La dernière demi journée sera consacrée à « l’événement 1991 » et son inscription dans l’histoire à l’aune des éléments que nous aurons étudiés dans les panels précédents.
 

Responsable(s)


Comité scientifique et d'organisation : Alain Blum, Pascal Cauchy, Gabrielle Chomentowski, Gabrielle Costa de Beauregard, Gilles Favarel-Garrigues, Anne Le-Huérou, Aude Merlin, Jean-Robert Raviot, Kathy Rousselet.

Participant(s)


12 décembre 2011


9h00

Accueil des participants
Jean-François Sirinelli, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP)
Gabrielle Costa de Beauregard, directrice exécutive du CHSP
Michel Wieviorka, administrateur de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme

> 9h15-12h45

Introduction, par Marc Ferro, historien

 

Les transformations politiques

Présidence : Gilles Favarel-Garrigues, CNRS/Sciences Po - CERI
Discutant : Alain Blum, directeur du CERCEC (CNRS/EHESS)

Alexei Yurchak, Associate Professor, University of Berkeley
Everything Was Forever Until it was no more. Late Socialism as an object of social analysis.

Rudolf G. Pihoia, ancien directeur des archives d’état de la Fédération de Russie
Du pouvoir à la propriété.

Nikolaï Mitrokhine, Centre d’études et de recherches est-européennes, université de Brême
Former Staff Members of Central Committee Apparatus and the Demise of the Soviet Union.

Sergeï V. Zakharov, Institut de démographie, Haut Collège d’économie, Moscou
Mounting crisis of the demographic system and public policy in the Era of ‘Developed socialism’: a narrative story with a sad end.

 

>

14h00-16h00

Les

sources et l’information. Revues, journaux, radio, télévision

Présidence : Yves Hamant, CRPM/université de Paris Ouest Nanterre-La Défense

Table ronde animée par Jean-Robert Raviot, CRPM/université de Paris Ouest Nanterre-La Défense
Avec la participation de
Carole Ajam (BDIC),
Alexis Berelowitch (CERCEC),
Boris Belenkin (Memorial),
Sergueï Bountman, rédacteur en chef adjoint de la radio «Les échos de Moscou»,
Hélène Kaplan (RIDECO),
Annette Melot (BDIC-MHC),
Elena Stroukova (Bibliothèque publique historique de Russie).

> 17h00-19h30

Projection de film
La table ronde sera suivie de la projection du film «Le Repentir» de Tenguiz Abuladze (1984), présenté par Gabrielle Chomentowski, chargée d’enseignement à Sciences Po.
 

 

13 décembre 2011


>

9h15-12h45

Les

nouveaux acteurs et enjeux de la Glasnost

Présidence : Anne Le Huérou, CERCEC (CNRS/EHESS)
Discutant : Alexis Berelowitch, CERCEC (CNRS/EHESS)

Carole Sigman, CNRS, Institut des Sciences Sociales du Politique
De nouvelles formes de mobilisation : les clubs politiques informels.

Olessia Kirtchik, Institut de démographie, Haut Collège d’Economie, Moscou
Les économistes comme auteurs et acteurs de la Perestroïka.

Luc Duhamel, université de Montréal
La bureaucratie du commerce de détail et le KGB.

Alexandra Goujon, université de Bourgogne et CERCEC, (CNRS/EHESS)
Les Fronts populaires d’Ukraine et de Biélorussie.
 

>

14h00-17h30

Les

transferts culturels

Présidence : Brigitte Krulic, Directrice du CRPM, université de Paris Ouest Nanterre-La Défense
Discutant : Pierre Grosser, Centre d’histoire de Sciences Po

Myriam Désert, université de Paris IV-Sorbonne et CERCEC, (CNRS/EHESS)
Les mutations au prisme de l'histoire russe revisitée

Sophie Lambroschini, doctorante, CRPM, université Paris Ouest Nanterre-La Défense
Les mutations intervenues dans la télévision soviétique et l’audiovisuel en URSS.

Anna Zaytseva, doctorante, université de Paris IV-Sorbonne et CERCEC, (CNRS/EHESS)
Le rock et la contestation.

Kathy Rousselet, Sciences Po - CERI
Le religieux au cœur des bouleversements politiques.

> 17h30-20h00

Projection de film
L’après-midi sera prolongée par la projection du film «Assa» de Serguei Soloviev (1988),
présenté par Gabrielle Chomentowski, chargée d’enseignement à Sciences Po.
 

14 décembre 2011


>

9h15-12h45

Ruptures

et fragmentation

Présidence : Jean-Michel de Waele, doyen de la Faculté de Sciences sociales et politiques, FSP-ULB
Discutante : Anne de Tinguy, professeur des universités, INALCO et CERI


Marc Elie et Marie-Hélène Mandrillon, CERCEC, (CNRS/EHESS)
La "glasnost" écologique.

Tatiana Hlukhava-Kasperki, doctorante, Sciences Po
Les "retombées" politiques de l’accident nucléaire de Tchernobyl. Le cas de la Biélorussie.

Taline Ter Minassian, INALCO
La revendication du Karabagh et le nationalisme arménien : formes et évolution du mouvement de protestation (1987-1991).

Silvia Serrano, université d’Auvergne et CERCEC, (CNRS/EHESS)
Mutations de l’espace public en Géorgie.

Saodat K. Olimova, Centre de recherche SHARQ (Dunshanbe, République du Tadjikistan)
Conflit interne au Tadjikistan : origines et conséquences.

Ioulia Shukan, université de Paris Ouest Nanterre-La Défense et CERCEC, (CNRS/EHESS)
Les cadres communistes dans la tourmente de la perestroïka en Ukraine et en Biélorussie.

> 14h15-17h30

Le moment 91

Présidence : Pascal Cauchy, Centre d’histoire de Sciences Po
Discutant : Jean Radvanyi, directeur du Centre franco-russe, Moscou

Nikolaï Petrov, Académie des sciences, Institut de géographie et Fondation Carnegie, Moscou
Russian regions as subjects of politics in 1991.

Aude Merlin, ULB / CEVIPOL
Les ressorts de la "révolution tchétchène".

Françoise Daucé, université Blaise-Pascal, CHEC et CERCEC (EHESS/CNRS)
Les militaires en 1991 : les ressorts de l’inaction.

Témoignages :
Andreï Kovalev, ancien conseiller auprès de M. Gorbatchev
Sergei Mironenko, directeur du GARF (Archives d’état de la Fédération de Russie)

> 16h30 :

Conclusions du colloque :
Anatoli Vichnievski, directeur de l’Institut de démographie, Haut Collège d’économie, Moscou,
Mikhaïl Afanassiev, directeur de la Bibliothèque historique de Russie, Moscou.
 

Lien(s) et bibliographie


URSS : fin de parti(e). Les années Perestroïka

PROLONGATION jusqu'au 4 mars 2012
Musée d’histoire contemporaine-Bibliothèque de documentation internationale contemporaine
Hôtel national des Invalides – 75007 PARIS

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