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L'agenda

28
Sept.
2015

Histoire de l'Europe, séance 1

Séminaires

Présentation


Comment, face à la stigmatisation, une identité se constitue-t-elle ? À travers le cas des marranes dans l’Espagne des XVIe-XVIIIe siècles, Natalia Muchnik montre que l’individu prend sens dans une unité sociale soudée par une mémoire et des pratiques partagées.

Ces chrétiens, pour la plupart descendants des juifs convertis au xve siècle, accusés par l’Inquisition de judaïser en secret, ont développé une identité de groupe. Si la répression inquisitoriale et la clandestinité sont fondamentales pour sa cohésion, la société marrane a ses propres dynamiques. Fragilisée par sa diversité interne, sa mobilité spatiale et la labilité de ses pratiques religieuses, elle a multiplié signes et discours d’appartenance. Les codes qui caractérisent cette société secrète, l’hostilité au catholicisme ou les mythes de l’origine, sont autant d’éléments que le crypto-judaïsant mobilise et agence. Car plus que le contenu des rituels, c’est le processus de ritualisation extrême du quotidien qui forge la société marrane ; le sacré semble partout.

Responsable(s)


Jean-François Chanet, Nicolas Delalande, Gerd-Rainer Horn, Sylvain Kahn, Paul Lenormand, Marc Lazar, Jakob Vogel

Participant(s)


Natalia MUCHNIK (EHESS) : De Paroles et de gestes : constructions marranes en terre d’Inquisition

Commentaire : David Do Paço (Sciences Po)