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L'agenda

15
Nov.
2013

Europe et Barbarie, passé-présent

Journée d’étude

Présentation


 

Cette journée d’études s’inscrit dans une démarche initiée en 2012 lors du séminaire «Europe, Lumières et barbarie» jalonné par les communications de Audrey Kichelewski, Elissa Mailander et Jean-Frédéric Schaub.

Dans l’histoire de l’idée européenne, le barbare a d’abord été l’autre, l’étranger, celui qui ne maîtrisait ni la langue ni les usages, qui était d’autres mœurs et d’autre contrée. Puis, quand l’idéologie du progrès et de la raison devint dominante, le barbare fut, avec le sauvage, celui qui incarnait le passé de la civilisation, l’état d’une humanité restée proche de l’animalité dont le processus civilisateur avait peu à peu éloigné les peuples européens, pour le meilleur mais aussi pour le pire. Il fut encore l’envers du civilisé, l’ennemi de l’intérieur appartenant aux classes laborieuses et dangereuses ou bien, au contraire, la promesse de régénération d’une civilisation exténuée, décadente. Avec les grandes conflagrations mondiales, les massacres industriels, le suicide de l’Europe, la barbarie fut considérée non comme l’envers mais comme le prolongement de la civilisation, le triomphe de la raison instrumentale, l’achèvement d’un cycle historique.

Tous ces visages du barbare et de la barbarie sont aujourd’hui co-présents dans les représentations des Européens : le barbare est l’étranger qui cherche à forcer les portes de la forteresse Europe ; le représentant de cultures, de religions, d’ethnies que l’on estime plus ou moins inconsciemment inférieures aux nôtres (si tant est que l’on croie à l’existence de telles entités) ; c’est aussi ce prolétariat nouveau qui gonfle avec la crise et menace le désordre établi, l’agent historique de l’utopie pour certains, d’une contre-utopie pour d’autres ; c’est peut-être enfin l’Européen lui-même, quand il maltraite les minorités, instaure une société de surveillance ou ne respecte pas ses propres standards moraux.

Participant(s)


Programme

9h15 -13h00
• Introduction de la première demi-journée par Laurent Martin
Christian Ingrao : « La violence nazie, une barbarie moderne. »
Jacques Sémelin : « Existe-t-il une voie européenne du génocide ? »
Daniel Oppenheim : « Guérir après l’expérience concentrationnaire
Jean-François Bossy : « Pérégrinations paradoxales de la banalité du mal : de l’espace-camp aux espaces scolaires et péri-scolaires contemporains »

14h15-17h30
• Introduction de la seconde demi-journée par Sylvain Kahn
Henriette Asséo : « Les reformulations contemporaines de la «politique tsigane» et les usages de l’ethnopolitique »
Serge Weber : « Les politiques migratoires en Europe font elles reculer les droits de l’homme ? »
Stéphane Rosière : « Politiques d'homogénéisation et nettoyage ethnique en Europe»
Jean-François Mattéi : « Vous avez dit «repentance» ? Sur la propension européenne à s’auto-flageller »

Document(s) à télécharger

affiche_lumiere_et_barbarie.pdf