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Research activity

La matière du politique : Histoires de sciences, techniques et environnements


L’histoire environnementale, l’histoire des sciences et l’histoire des techniques contribuent de manière importante aux renouveaux de l’historiographie contemporaine. Les savoirs de la nature et des corps, le geste technique et les infrastructures, le dynamisme et les interdépendances du monde biophysique sont au cœur des transformations historiques qui, étalées sur plusieurs échelles spatiales et temporelles, ont façonné notre présent et ses multiples crises : du dérèglement climatique aux pollutions, de la dépendance des énergies fossiles à l’effondrement de la biodiversité. Pour les mêmes raisons, sciences, techniques et environnements se révèlent davantage comme des enjeux politiques, dont il importe d’interroger l’historicité. Ce sont en effet des gestes et des savoirs qui ont décidé de l’organisation des humains, du vivant et des choses ; des terrains et des liens sur lesquels s’est constamment exercée et structurée l’action publique ; des objets de controverses et conflits entre groupes sociaux, institutions, États, empires.

Ce séminaire de recherche veut mettre au centre la dimension politique de l’histoire environnementale, des techniques et des sciences; une dimension qui se manifeste davantage à l’intersection de ces disciplines. L’objectif à long terme du séminaire, toutefois, est aussi d’utiliser la perspective historiographique qui s’ouvre à cette intersection pour réfléchir sur la «matière» du politique : à la fois la place des interactions avec la matérialité dans le politique et la manière dont le politique même se structure historiquement dans ses interactions avec la matière, vivante et non.