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Research activity

Research seminar / Europe's alternative left-wing movements


Le projet " Les gauches alternatives en Europe : idées, cultures, évolutions" fixe pour objectif d’explorer plusieurs domaines de recherche encore largement négligés par l’historiographie, tant française qu'étrangère.
Par ce terme, nous désignons l'ensemble des sensibilités politiques qui prônent une rupture avec le système capitaliste en procédant à la critique plus ou moins radicale de la gauche institutionnelle. Cet ensemble est multiple. Nous rencontrons d'une part les groupes politiques appartenant à l'extrême-gauche : les SDS allemand et américain, les nombreux mouvements trotskystes tels les différentes sections de la IVe Internationale, les mouvements maoïstes à l'exemple de la Gauche prolétarienne ou de Lotta continua, sans oublier les anarchistes, autonomes ou autres sensibilités plus marginales. Y appartiennent également tous les mouvements moins idéologiquement définis, ou plus composites qui, des multiples facettes de l'altermondialisme jusqu'à certains courants écologistes en passant par les listes "Motivés" ou les regroupements des Indignés, tentent d'offrir une alternative mouvementiste aux solutions traditionnelles de la gauche institutionnelle. Autrement dit, dans des pays comme la France ou l'Italie, ces gauches alternatives occupent les vastes espaces laissés libres à gauche par les partis socialistes, communistes ou ex-communistes, tandis que dans d'autres pays tels les Etats-Unis, elles essaient de se frayer un chemin dans un paysage vierge d'importantes formations partisanes de gauche. A ce titre, en France, des organisations telles que le Parti Socialiste Unifié (PSU) ou Les Verts appartiennent pleinement à l’objet d’étude du séminaire, de même que des syndicats tels que la CFDT, avant sa stratégie dite du recentrage en 1978 ou, aujourd’hui, les Sud. Y appartiennent aussi les multiples comités constitués plus ou moins spontanément, des regroupements des "sans (papiers, logement...)" aux tenants d'un "autre monde". D'une façon plus générale, nous entendons ne pas nous limiter aux formes strictement politiques mais englober les multiples contestations, y compris les moins structurées et les plus labiles, qui ont pénétré des fractions du corps social lors des dernières décennies.
Or, alors que le communisme et le socialisme ont été l'objet de multiples initiatives scientifiques, les gauches alternatives n'ont pas retenu de la même façon l'attention des chercheurs. Selon les lieux de recherche, à l'heure actuelle, les études sur les gauches alternatives oscillent entre les balbutiements et l'émergence.
Pendant quelques décennies, une historiographie militante a occupé la scène éditoriale puis, à partir des années 1990, une historiographie scientifique a peu à peu percé. Pour autant, celle-ci ne s'est pas encore véritablement imposée sur la scène académique et, sans même parler de travail de synthèse, un simple lieu de centralisation des informations et d'échanges de recherches n'existe pas encore. Certes, l'équipe de chercheurs rassemblés autour de la revue Dissidences joue un rôle utile, avec les avantages et les inconvénients d'un rassemblement hésitant entre approche académique et tradition militante. Il nous semble que l'IEP, et en particulier son Centre d'histoire, pourrait être le lieu de la centralisation académique des recherches menées sur l'histoire des gauches alternatives.

Ce séminaire (un mardi ou un jeudi une fois par mois d'octobre à mai d'une durée de deux heures) se veut pluridisciplinaire et ouvert à toutes les sciences sociales : histoire, science politique, sociologie notamment, et résolument international. Il souhaite également être le lieu où les regards des témoins et des chercheurs se confronteront.

- Année 1 (2011-2012) : les métamorphoses de la Révolution. Les nouveaux combats des gauches alternatives des années 1968
Comment le mouvement de contestation apparu autour de 1968 a affronté, dans les années 1970, les nouveaux défis de la modernité, pour la plupart étrangers à son capital culturel initial : écologie, autogestion, féminisme, etc.