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Research activity

PhD students seminar / History of The Jewish People in Europe after 1945


Cet atelier repose sur la réflexion collective menée par un petit groupe de doctorants composé par Paola Bertilotti (CHSP), Éléonore Biezunski (EHESS), Laure Fourtage (Paris I), Johanna Linsler (Paris I), Julia Maspero (Paris I), Constance Paris de Bollardière (EHESS) et Simon Perego (CHSP). Fondé sur un partenariat entre le Centre d'histoire de Sciences Po (CHSP) et l'Institut d'Histoire du Temps Présent (IHTP), il se propose d'explorer l'histoire des Juifs en Europe après 1945 et d'en faire un champ autonome, mais non hermétique. Un tel objet se place nécessairement à la croisée des différentes sciences sociales ainsi que de plusieurs approches historiographiques (histoire culturelle, histoire politique, histoire sociale, histoire religieuse, histoire des relations internationales, histoire de l'immigration...). Il suscite une grande diversité de regards, que l'on s'attache à étudier l'histoire des Juifs de l'intérieur du groupe considéré, que l'on adopte une analyse privilégiant le point de vue des acteurs non-juifs sur la collectivité juive, ou encore que l'on cherche à articuler les deux perspectives.

L'intervalle chronologique choisi embrasse plus d'un demi-siècle d'histoire du temps présent. Si 1945 inaugure bien évidemment la douloureuse reconstruction du judaïsme européen à l'issue du génocide, cette césure ne doit pas pour autant être considérée comme intangible. Il convient au contraire de l'interroger selon les objets étudiés, tant les continuités peuvent être prégnantes entre le premier et le second XXe siècle pour ce qui touche à l'histoire des Juifs. D'un point de vue géographique, l'espace étudié est nécessairement multiscalaire : il s'agit de saisir le fait juif en Europe en tenant compte tant de ses spécificités locales et nationales que de la constitution d'un espace transnational à l'échelle européenne et mondiale.

Cinq axes principaux, qu'il conviendra d'articuler les uns avec les autres, orientent l'activité de cet atelier :

  1. Les modalités de la reconstruction - matérielle, institutionnelle, culturelle, spirituelle - des communautés juives après la guerre et l'élaboration de nouvelles formes de vie et d'affiliations communautaires.
  2. Les mobilités géographiques des populations juives et leur impact sur la composition démographique et la fabrique identitaire des groupes concernés (collectivité d'origine, migrants, communautés d'accueil).
  3. La constitution d'un espace d'interactions transnational, prenant en compte d'une part les liens noués entre communautés juives d'Europe et d'autre part les rapports existant entre le judaïsme européen et les grands pôles juifs extra-européens (Israël, Etats-Unis, Amérique latine...).
  4. Le rapport à l'expérience de la Shoah, envisagé sous l'angle de la "mémoire" des persécutions et du génocide (représentations et pratiques mémorielles) ou sous celui de considérations plus matérielles mais non dénués d'enjeux symboliques (indemnisations, réparations, justice).
  5. La condition diasporique des Juifs d'Europe et leur insertion dans les sociétés non-juives (perceptions par l'environnement non-juif, attitudes des pouvoirs publics, liens avec les autres groupes socio-culturels et religieux).

Destiné d'abord aux doctorants, cet atelier met l'accent tant sur la recherche que sur les questions méthodologiques et les aspects concrets de la thèse. Il cherche également à offrir un espace de discussion et de rencontre entre doctorants et chercheurs confirmés, au moyen d'une réunion mensuelle organisée autour d'une thématique et d'une ou deux interventions.