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Séminaires en partenariat

Pour une histoire transnationale et globale de la France

Pour une histoire transnationale et globale de la France


L’histoire de France peine encore, notamment dans les grands récits et les synthèses, à sortir d’un récit qu’on pourrait dire « internaliste », dans lequel les seules formes d’explication et de contextualisation mobilisées relèvent d’évolutions, de focales, d’institutions, de cohérences internes, prises dans le territoire national et son archéologie. En dépit de nombreuses invitations à prendre la mesure de tous les acteurs, toutes les dynamiques et toutes les territorialités autres que « nationales » qui ont pu contribuer à l’histoire de France, celle-ci reste marquée par ce qu’il est convenu d’appeler un « nationalisme méthodologique », quand nombre d’historiens d’autres pays, comme la Grande-Bretagne, les États-Unis ou l’Allemagne ont déjà expérimenté avec profit une telle ouverture. Or, pour comprendre l’histoire complexe de ce qu’on nomme « la France », depuis le XVIIIe siècle, soit la genèse contestée d’un État-nation, ses projections impériales en Europe et outre-mer, mais aussi l’ensemble des dynamiques qui animent les populations, les territoires et les institutions que ces formes stratifiés de pouvoir s’efforcent d’encadrer et de mobiliser, il nous semble nécessaire de l’inscrire dans des trames relationnelles différentes, que l’on peut désigner comme transnationales ou comme globales. La perspective est simple, et en même temps ambitieuse : elle propose de penser à nouveaux frais, quand c’est possible, les moments-clés et les débats centraux de l’histoire « de France » en restituant la part décisive qu’y tiennent des mobilités, des territorialités et des liaisons à distance que la territorialité nationale n’a ni interdites ni absorbées. C’est à réfléchir et à travailler sur cette autre histoire de France que nous vous convions.

A World of Debts - The Global Politics of Public Debts From the Late 18th Century

A World of Debts - The Global Politics of Public Debts From the Late 18th Century


Research seminar / Comité d'histoire parlementaire et politique (CHPP)

Research seminar / Comité d'histoire parlementaire et politique (CHPP)


Le Comité d'histoire parlementaire et politique est une association fondée par des universitaires et soutenue par l'Assemblée Nationale et le Sénat. Il a pour objectifs de promouvoir la recherche sur la vie politique française et internationale, et de mieux faire connaître au grand public les activités parlementaires.

Il est ouvert à tous, enseignants, chercheurs, étudiants, parlementaires, élus locaux, amateurs éclairés, tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à la vie politique française et internationale, notamment sur les parlements.
L'association est pilotée par un bureau et par un conseil d'administration. Elle est parrainée par un comité d'honneur auquel appartiennent les anciens présidents des Assemblées d'Etat.

Les activités :
- publication de Parlement[s], Revue d'histoire politique, aux éditions Pepper-L'Harmattan,
- organisation de colloques et journées d'études, notamment une journée d’étude au Sénat à chaque printemps qui permet de confronter paroles de témoins, d’acteurs et d’historiens,
- séminaire mensuel : "Le Parlement dans tous ses états",
- prix de thèse Jean-Zay/CHPP, qui récompense une thèse d'histoire ou de science politique pour les périodes moderne ou contemporaine,
- publication de journées d'études et colloques,
- un site http://www.parlements.org/index.html consacré à l'histoire politique et à l'actualité de notre association.

Présentation du séminaire :
En amont de la séance publique, tout d’abord, la récente réforme de la carte électorale appelle des bouleversements de la géographie électorale. Quel rôle jouera-t-elle sur les élections législatives à venir ? Par ailleurs, le Sénat a connu récemment une modification de son mode de scrutin. Comment cette évolution électorale influe-t-elle sur l’accès au pouvoir de législateurs élus au suffrage indirect ?

Plus de cinquante ans après la fondation de la Cinquième République, critiquer la faiblesse du Parlement ou en regretter son passage fréquent sous l’éteignoir de l’Exécutif est un procès régulièrement instruit. Le Palais-Bourbon et son voisin du Luxembourg sont pourtant des Assemblées qui travaillent au rythme de séances publiques que l’on ne cesse d’estimer particulièrement chargées. De surcroît, voici bientôt dix ans que le Parlement est soumis régulièrement à des réformes qui transforment, sinon adaptent, le fonctionnement de ses travaux : l’histoire de la loi en traduit les différentes étapes.

La délibération parlementaire, quant à elle, en commission comme en séance publique, du dépôt des textes à leur vote solennel, n’a cessé de s’adapter. En 2001, avec la modification de l’ordonnance de 1959, la réforme de la procédure budgétaire a été réalisée par la représentation nationale à sa presque unanimité : la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), nouvelle « Constitution financière » de l’Etat, en a été le résultat. L’organisation du débat annuel relatif au budget de l’Etat en a considérablement profité. Avec la législature suivante, l’opposition a vu ses droits progressivement réaffirmés. Et à partir de l’année 2007, le chantier du changement a été poursuivi : deux nouvelles commissions parlementaires ont vu le jour. Aussi la question du développement durable, par exemple, est-elle aujourd’hui directement traitée au sein de la commission éponyme. Simultanément, la délégation parlementaire pour les Affaires européennes était transformée en une commission du même nom. Enfin, sous l’égide de parlementaires d’expérience – Edouard Balladur et Jack Lang –, la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008 a ouvert des perspectives nouvelles : dans le but d’assouplir les effets du parlementarisme rationalisé, un rééquilibrage institutionnel a été tenté, visant à un meilleur contrôle de l’Exécutif, par la revalorisation des Assemblées. Une mesure a retenu davantage l’attention : le Président de la République est accueilli désormais devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Il n’en reste pas moins que le quotidien de la délibération en séance publique, c’est-à-dire le cœur de l’élaboration de la loi, a été réadapté. L’instauration du temps législatif programmé en est un exemple, qui permet aux travaux parlementaires une organisation nouvelle. L’influence du législateur national dans le droit communautaire est une autre des transformations récentes ; en ce domaine, il appartient au Parlement de mettre en pratique les pouvoirs que le traité de Lisbonne lui a conférés pour influer sur la législation européenne. Depuis 2008, le contrôle parlementaire connaît lui aussi des changements ; la mission d’évaluation des politiques publiques est inscrite dans la Constitution, alors que le nouveau Règlement de l’Assemblée nationale, adopté en 2009, et participant de fait à la modernisation du travail parlementaire, entraîne la création du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC).    

En aval de l’élaboration de la loi, enfin, le Conseil Constitutionnel a connu lui aussi des changements importants, avec la mise en place des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC). Tout citoyen, via la Cour de Cassation ou le Conseil d’Etat, peut désormais saisir les sages de la rue Montpensier.

Ainsi, dans ce cadre-là, quel bilan peut-il être dressé de l’activité du législateur français contemporain, de la conquête du mandat de parlementaire à l’application de la loi ? Et quelle concordance des temps, si elle existe, peut-elle être suggérée avec les Républiques parlementaires passées ?

Tel est le thème nouvellement proposé pour les travaux du séminaire que le CHPP organise pour la huitième année consécutive. A chaque séance, un(e) universitaire viendra exposer ses travaux ou publications relatif(ve)s à une étape précise du processus législatif.  Cet(te) intervenant(e) sera accompagné(e) d’un(e) praticien(ne) de la chose parlementaire (élus, collaborateurs ou fonctionnaires des Assemblées, membres des entourages politiques des cabinets). La rencontre – ou la confrontation parfois - entre l’Histoire, le Droit et l’expérience politique vise à offrir au chercheur spécialiste du Parlement un champ transversal d’études, novateur et interdisciplinaire, riche en sources et encore peu exploité.

Research seminar / Instruction in History

Research seminar / Instruction in History


Les Europes scolaires : la transmission de l’idée et de l’histoire européennes dans les systèmes scolaires européens

La place et le statut de l’Europe dans les programmes, manuels et pratiques scolaires relèvent, le plus souvent en France, d’un enseignement inabouti et largement désincarné. La volonté de l’introduction d’un « roman européen » dans les années 1980-1990, censé se substituer au « roman national » français aurait-il fait long feu, avec ses défenseurs et artisans de renom et de qualité, en premier lieu et à des titres différents, Jacques Le Goff et Laurent Wirth ? Ce récit européen (à condition qu’il s’exprime dans les programmes et en classe), doit aujourd’hui être interrogée dans ses retraductions et finalités scolaires, à la fois dans le cadre national et européen.
L’objectif de ce séminaire prévu pour l’année 2018-2019 est double. Il est d’abord et avant tout de dresser un état des lieux des travaux menés aujourd’hui concernant les dynamiques européennes dans l’enseignement de l’histoire de chacun des pays européens mais aussi des entités transnationales destinées à transmettre et faire partager une définition commune de l’identité européenne (conseil de l’Europe, etc.). Comment se construit l’Europe en classe ? Quelles injonctions, quelles demandes sociales et institutionnelles pour quelle Europe scolaire ? Quelle est l’histoire de cet objet scolaire ? Quel est même la nature de cet objet scolaire dont on peine, en classe, à définir les contours, hors de ses dimensions civiques sans cesse réaffirmées et souvent sur le mode incantatoire ? Quelle idée de l’Europe le curriculum de chaque nation européenne entend donner aux élèves ? Quels lieux de mémoire sont privilégiés ? Quels personnages emblématiques émergent des récits de construction de l’Europe ? Ce seront les thèmes qui seront abordés lors de cette année universitaire.
L’autre objectif est lié à l’actualité : 2019 sera l’année des élections européennes. L’Europe est aujourd’hui plongée dans des dynamiques politiques qui interrogent l’idée même d’Europe. Dans chaque pays l’idée européenne marque un recul qui n’épargne pas y compris les milieux enseignants des pays les plus engagés historiquement dans la construction de l’Europe, notamment en France.

Intervenants et discutants prévus  dans le programme 2011-2012