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News

30
Oct.
2017

Mai 68 : 50 ans !

Appels à candidature

Mai 68 : 50 ans !
Mémoires, représentations, traces & (ré)interprétations

Appel à communications

Dans un an, les événements de Mai 68, qui constituent l’un des plus importants mouvements sociaux du XXe siècle en France, auront cinquante ans. À cette distance et à l’échelle de la durée d’une vie d’adulte, la distinction faite par le sociologue Maurice Halbwachs entre histoire et mémoire collective prend tout son sens. L’histoire, écrit-il, « ne commence qu’au point où finit la tradition, au moment où s’éteint ou se décompose la mémoire sociale ».
Un demi-siècle après ces événements, s’ouvre donc cette période-charnière entre le temps des témoins, qui va bientôt « fuir », et le temps de l’histoire, laquelle a vocation à prendre le relais de la mémoire lorsqu’elle commence, sinon à défaillir, du moins à faire des choix de plus en plus exclusifs dans ce qui mérite ou non d’être conservé comme souvenir et comme objet d’analyse. En cette période charnière, comme le souligne Paul Ricœur, « la mémoire tant personnelle que collective s’enrichit du passé historique qui devient progressivement le nôtre ». En effet, on s’apprête à passer du temps de la « rumination mémorielle » de 68 au temps proprement historique, distancié et soumis à l'analyse de générations n’ayant pas vécu les événements de 68 – même si, à certains égards, ils peuvent en être les héritiers ou s’en sentir les héritiers. Alors, précisément, par quelles voies et au travers de quelles représentations ce « passé historique » s’offre-t-il à la mémoire des générations actuelles ? Quels souvenirs de Mai 68 innervent encore la mémoire collective, le corps social en 2018 ?
Voici deux des questions qui président à cet appel.

Mai 68, en son temps propre et pour son héritage, a déjà été analysé sous de nombreux aspects. Il a été l’objet d’un véritable « pluralisme interprétatif4 » des années 1970 à nos jours.
A chaque commémoration, on constate une mobilisation des analystes, qu’ils soient historiens, sociologues ou essayistes. Sous ce dernier angle, les approches sont multiples : il y a celles qui correspondent au point de vue des acteurs, à proximité temporelle des événements ou à distance, celle qui fait des événements une crise d’adaptation nécessaire du système capitaliste lui permettant d’accroître ses performances, celle qui inscrit Mai 68 dans un processus continu de renforcement de l’individualisme9, celle qui pointe essentiellement l’imprévisibilité de la crise, celle qui articule plusieurs dimensions en reliant sentiment de rupture des acteurs, éléments d’explication globale du mouvement, contingence de l’événement.

Ces interprétations gardent tout leur intérêt, toutefois, le cinquantième anniversaire de Mai 68 offre l’occasion de mener une réflexion à la fois moins lestée par les émotions liées aux engagements partisans des acteurs de l’événement, moins exaltée, et plus soucieuse de l’inscription de cette mobilisation dans la durée historique. Sans doute est-ce l’occasion d’apprendre plus et mieux sur l’héritage de 68, en mettant l’objet toujours plus à distance, suivant une procédure qui marquait déjà la production éditoriale analytique et commémorative des années 2000 sur un événement à l’imaginaire « riche et vivant ».

Aussi, le colloque organisé à l’Université du Mans voudrait observer la manière dont la trace de 1968 marque encore, ou pas, la France de 2018, le rôle éventuel qu’elle joue toujours dans les représentations sociales et dans le logiciel politique, celui des individus comme celui des organisations.

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