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Les actualités

15
Déc.
2013

Appel à communication : THE SECOND VATICAN COUNCIL AND RELIGIOUS / LES RELIGIEUX ET LE CONCILE VATICAN II / I RELIGIOSI E IL CONCILIO VATICANO II

Appels à candidature

Veuillez trouver ci-joint l’appel à communication pour le colloque international THE SECOND VATICAN COUNCIL AND RELIGIOUS / LES RELIGIEUX ET LE CONCILE VATICAN II / I RELIGIOSI E IL CONCILIO VATICANO II qui se tiendra du 12 au 14 novembre 2014 à Rome.

INSTITUTIONS ORGANISATRICES : LARHRA (Université de Lyon), CERCOR (LEM-UMR 8584 CNRS), KADOC (KU Leuven), Centro Studi e Ricerche sul Concilio Vatican II (Université pontificale du Latran), avec le soutien de l’École française de Rome, de l’Academia belgica à Rome et de l’Institut historique belge de Rome.
COMITÉ D’ORGANISATION : Philippe Chenaux (CVII), Bernard Hours (LARHRA), Daniel Odon Hurel (CERCOR), Jan De Maeyer (KADOC), Christian Sorrel (LARHRA).

Le monde des religieux est indissociable de l’histoire du concile Vatican II à travers la renommée de nombreux experts. Leur rayonnement risque toutefois de laisser dans l’ombre les ordres auxquels ils appartiennent et plus encore une foule de congré- gations modestes. Or, la présence et l’action des religieux dans l’assemblée sont encore inégalement connues, tout autant que le processus de crise qui bouscule les institutions à la fin de la décennie 1960 et au début de la décennie suivante. Ce déficit reflète pour partie le retard de l’entrée des historiens sur le territoire des ordres et des congrégations du XXe siècle, notamment en France où une rupture historiographique accompagne la césure historique imposée par la loi de 1901. Mieux comrendre l’action des religieux à Vatican II, c’est donc tout à la fois évaluer leur rôle dans la mécanique conciliaire et analyser les mutations « avant, pendant et après le concile » d’institutions variées, des communautés transnationales aux groupes diocésains.
Vatican II, un concile de religieux ? Une réponse affirmative serait excessive, mais la question aide à souligner une réalité parfois négligée, le poids des représentants des ordres et des congrégations parmi les Pères conciliaires. La plupart siègent comme évêques, issus souvent des pays de mission. Quelques uns sont appelés au concile en tant que supérieurs (129). Au total, les religieux représentent un tiers de l’assemblée. Mais seule une étude détaillée permettra de mesurer leur place réelle dans l’aula et les commissions. Comment s’équilibrent les solidarités géographiques (terres d’apostolat, pays d’origine) et les solidarités congréganistes ? Quel est le poids des supérieurs dans la majorité et la minorité ? Quel est l’effet du ressentiment anti-curial des hommes de terrain ?
Aux côtés des Pères conciliaires, les experts religieux jouent un grand rôle au service de la majorité. Mais la sphère de l’expertise ne se limite pas à eux, et la « théologie romaine », illustrée elle aussi par des religieux, s’efforce de prolonger la résistance de la décennie précédente à la « nouvelle théologie » et les prises de position d’une partie du personnel enseignant des centres de formation romains dès la consultation antépréparatoire. Il reste dès lors à rendre mieux compte du vis-à-vis de ces deux ensembles et des espaces de contact et à mieux cerner le monde des experts officiels et des experts privés, mais aussi à approfondir l’étude des relations entre les évêques et les experts. Enfin, une place doit être accordée aux auditrices issues des congrégations, même si elles sont peu nombreuses.
L’étude de la place des religieux au concile, c’est bien sûr aussi celle des textes qui abordent les enjeux doctrinaux et pratiques de la vie religieuse. La constitution Lumen Gentium situe la vie religieuse dans le mystère de l’Église au terme de vifs débats sur le traitement conjoint ou séparé de la vocation à la sainteté et de l’état religieux. La rédaction du décret Perfectae Caritatis sur « l’adaptation et la rénovation de la vie religieuse » n’est pas moins délicate, compte tenu de la multiplicité des styles de vie et de la difficulté à cerner les critères de réforme. Plus concret, le décret Christus Dominus sur « la charge pastorale des évêques » règle la participation des religieux à la vie des Églises locales et opère un compromis sur la question de l’exemption, tandis que le décret Ad Gentes sur « l’activité missionnaire » précise leur rôle dans l’évangélisation. Ces textes constituent sans doute la partie la mieux connue du dossier grâce aux commentaires rédigés au lendemain du concile et aux travaux ultérieurs des théologiens. Mais bien des aspects peuvent être éclairés, notamment à travers les archives des acteurs.
Il faut enfin attirer l’attention sur la nécessité d’insérer le moment conciliaire dans une temporalité élargie pour en saisir pleinement les enjeux. Les années 1950 sont caractérisées par un malaise de la vie religieuse classique, dont la diminution des entrées et la baisse du taux de persévérance dans les noviciats sont les symptômes dans l’Europe du Nord-Ouest. Dans le même temps, des aspirations au changement s’affirment, en lien avec l’émergence de la génération d’après-guerre, marquée par des réalités sociales et ecclésiales inédites : contestation de la formation et du modèle conventuel « bourgeois », déclin des observances, travail salarié, recherche d’une vie en petites fra- ternités tournées vers les pauvres, implication pastorale à visée missionnaire. Le recours à l’autorité ne suffit pas à résorber les crises et à combler le fossé croissant entre les sensibilités, tandis que l’effort d’adaptation demandé par Pie XII en 1950 aux congrégations féminines apparaît insuffisant.
Dans ce contexte, le concile contribue à libérer la parole des religieux et accentue les clivages internes, qui font également écho aux difficultés des Églises nationales héritées de la décennie 1950 ou suscitées par l’assemblée dès avant sa clôture. Il semble légitimer des expériences « antérieures ou nouvelles » déterminées parfois plus par la conjoncture sociale et politique que par l’événement ecclésial. La clôture du concile et la publication des normes d’application de ses textes inaugurent une nouvelle étape. Une dialectique complexe de la « crise » et de la « réforme » se met en place sur le terrain autour des deux thematiques associées dans le processus de révision des constitutions, réappropriation des charismes fondateurs et attention aux signes des temps. Ce moment de transition est porteur en lui-même de dérégulations et de recompositions qui interagissent avec les mutations profondes de la société. Le chantier est encore vaste pour appréhender les mécanismes globaux et rendre compte des variables liées à la diversité des familles religieuses, des contextes sociaux et ecclésiaux et des réalités nationales ou transnationales.
Dans cette perspective, les communications, synthétiques ou monographiques, devront prendre appui sur une documentation inédite (archives, imprimés) et se référer explicitement à à l’événement conciliaire. Elles s’inscriront dans l’un des trois axes suivants :
1. Vers le concile : situation des ordres et congrégations dans les années 1950, débats et contestations autour de leur réforme, engagements pastoraux, modèles spirituels, etc.
2. Au cœur de l’événement : présence des religieux dans l’assemblée conciliaire, personnalités, élaboration des textes sur les religieux, rôle des experts, etc.
3. À l’heure de l’aggiornamento : consultation de la base, chapitres généraux, relectures des temps et des figures de la fondation, processus de crise et de recomposition, insertion dans l’Église et la société, etc.

LIEUX DU COLLOQUE : Université pontificale du Latran, École française de Rome, Académie de Belgique.
LANGUES DU COLLOQUE : anglais, français, italien.
DÉROULEMENT DU COLLOQUE : séances plénières et ateliers ; les communicants retenus seront invités à envoyer un texte provisoire destiné aux responsables des ateliers avant le 1er octobre 2014.
CONDITIONS MATÉRIELLES : les institutions organisatrices prennent en charge les frais liés au séjour des communicants en leur demandant de réserver, dans la mesure du possible, des chambres auprès des institutions universitaires de leur pays à Rome. Elles ne prendront pas en charge, en règle générale, les frais de voyage. Publication des actes après sélection et évaluation des textes définitifs qui devront être remis au plus tard le 1er juin 2015.
Les propositions de communication (4000 signes), dans l’une des langues du colloque, avec la mention précise des sources utilisées et un bref CV (diplômes, fonctions, principales publi- cations) doivent être adressés à Christian Sorrel (LARHRA), avant le 15 décembre 2013 à l’adresse suivante : christian.sorrel@univ-lyon2.fr
La réponse définitive sera donnée le 1er février 2014.

Document(s) à télécharger

callforpapers.pdf